Petit Ange
Il était une fois, un petit ange noir
Enfermé entre quatre murs poussiéreux
Dans un minuscule boudoir,
Elle voulait s'enfuir de cette vie planifiée,
De ce trou à rat miteux,
A sa fin d'avance déterminée comme une fatalité
Par son égoïste entourage
Qui avait décidé pour elle qu'elle devait être sage.
Assise par terre dans le noir
Elle ne laisse voir d'elle, sur sa peau de plâtre
Que des larmes de perle, de verre ou d'ivoire
Qui s'écoulent et ruissellent dans une couleur blanchâtre
Car la poussière la fait pleurer
En torturant ses yeux fatigués.
Couverts d'ombre, les visages cyniques,
Pires que d'ignorants silences,
La persuadent d'un avenir tragique
Et l'entourent de leur néfaste influence.
Cachée derrière le filet de ses cheveux noirs
Qui font comme un rideau sur son visage,
Elle observe ces démons sans espoirs
Obscurcissant sur leur passage
Ce qui lui reste de pureté
Par la force d'une culpabilité glacée.
Mais l'idiotie a laissé la porte ouverte au grand jour
Et sans réfléchir, elle accourt.
Les rayons de lumière parviennent jusqu'à elle.
Eblouie par ce qui n'était pour elle avant qu'une lueur
Elle cache ses yeux en les levant au ciel
Et oublie, en laissant derrière elle les horreurs.
Petit Ange découvre la lumière
En s'avançant vers l'extérieur
Derrière elle les froides ténèbres de l'enfer polaire
Qu'elle décide de chasser de son coeur.
Dans ses yeux perdus dans le vague,
Renaît une lueur d'espoir
Quand dans un bout de miroir
Planté dans son coeur comme une dague,
Petit Ange aperçut
Un visage d'ange inconnu.Ange Sombre venu du ciel, déploie ses ailes blanches,
Se noie dans son regard et lui tend la main.
Elle veut lui sourire quand, vers elle il se penche
Mais elle se méfie de cet ange gardien.
Petit Ange déchu,
Petite âme perdue,
Depuis que des bourreaux
Lui ont arraché les ailes,
Même si comme la flanelle,
Son coeur est resté chaud.
Avec son mouchoir blanc
Il panse sa plaie,
Il la guéri de ces moments
Que l'oublie ne peut emporter,
Qui ont détruit son innocence,
Qui ont fait de son bonheur
Cette misérable évanescence
Qui désormais lui fait peur.
Malgré tout, elle voit en lui le sauveur
Qui la sortirait de sa chrysalide,
Elle décide d'accepter le bonheur
Et laisse au loin les souvenirs acides.
Elle suit avec lui le sentier vers le ciel,
La mais dans la main, il lui montre le chemin,
Dans ses yeux, elle voit un reflet qui la rend belle
Et ils s'envolent ensemble vers un destin incertain.
Elle s'accroche et prend le risque de souffrir,
Que la chance soit éphémère n'a plus d'importance
Elle n'ira plus désormais se repentir
D'un bonheur mérité auquel elle prend confiance.
Dans sa robe légère de mousseline blanche
Où le vent, étourdie, joue et soulève
Avec un souffle amer, l'étoffe qui se déhanche.
Son corps et son âme entre les nuages s'élèvent.
Il observe sa bien aimée d'un oeil attentif
Mais déjà elle s'est transformée.
Son teint blême presque maladif
Soudain de ton a changé
Et devenue un peau de nacre pâle,
La toile d'araignée qu'elle avait pour chevelure
N'est plus ce qu'elle était. En aval,
Métamorphosée au cour de l'aventure
En nattes de fils de soie,
Ornées d'une fleur de vanille
Qui décline autour d'elle une étrange aura
Qui lui donne l'allure d'une douce petite fille.
Les paupières fermées, les yeux charbonneux,
Les longs cils, par de vieilles pluies de larmes, mouillés
Laissent entrevoir le caractère fleur-bleue
Que la jeune-fille tentait de cacher.
Les volants souples de ses jupons,
Fluides, tournoient autour de la princesse.
Elle oublie tout jusqu'à son nom dans cet ouragan de tendresse.
Ses petite mains aux doigts fuselés,
Son sourire pur à la moue boudeuse,
Sa silhouette à l'ombre élancée,
Sa voie presque silencieuse,
Ses longs cheveux qui glissent sur son visage,
Lui donnent le charme inoffensif d'une enfant.
Il l'emmène sur un nuage
En la serrant dans ses bras tendrement.
Toute emplie d'un désir
Qui décemment l'inspire,
Avec des gestes encore hésitants,
Et s'autorise des caresse sages et timides
Qu'elle offre à son double si patient,
En se laissant gagner par ce tendre suicide.
La pluie qui tombe résonne comme un sortilège
En accompagnant l'envoûtement,
Les lèvres humides et gourmandes embrassant
La peau de braise de celui qui la protège.
Son sang se presse dans ses veines,
Ses cheveux d'ange flottent dans le vent,
Abandonnée dans les bras de son amant
A qui il est dévoué comme à une reine,
Elle lui appartient sans défense et sans barrière,
Vulnérable, elle succombe à ces tendres étreintes.
Légère et fragile comme le verre,
Elle redécouvre sa féminité cachée, dépeinte
Dans les plis de sa peau de pèche.
Un sort entrant dans son coeur comme une flèche,
La fait trembler. Dans son agonie amoureuse,
Dans la chambre close et l'ambiance voluptée,
Elle est muse de son désir enflammé,
La douleur agréable fait sa victime heureuse.Les joues brûlantes et le corps endormi,
Elle n'est plus vide au fond de ce lit.
Au dessus d'eux, la lune décrit
Un lumineux anneau doré.
Cette nuit, dans ses bras entourée,
C'est auprès de son amoureux
Que Petit Ange décide d'être heureux.
Lady Viollaine
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poème écrit à mon chevalier pour la St.Valentin 2005